Kutná Hora Sedlec

Au petit-déjeuner, on se penche sur la route qu’il nous reste à faire avant d’arriver à Prague. « Tiens, je vais voir si il faut réserver les billets à l’avance pour visiter l’Ossuaire de Sedlec… Heu, mais c’est pas à Prague en fait… C’est à bien 50 kilomètres à l’est ! » Sans trop tortiller, on décide de faire le crochet pour aller voir ça tous ensemble avant Prague car ça vaut vraiment le coup : c’est le lieu dont j’ai le plus de souvenir de mon voyage scolaire du lycée, c’est pour dire. De plus, notre copain tchèque nous a conseillé de visiter la ville de Kutná Hora Sedlec donc on file voir ça.

Bon point positif dès l’arrivée dans la ville : on se trouve facilement des places de parkings en bord de route pour Oscar et Robert. Une fois achetés nos billets d’entrée à « l’infocentrum », nous entrons donc dans ce fameux ossuaire. Dès le départ, on est mis dans le bain avec deux énormes calices posés dans des alcôves réalisés entièrement en ossements humains. Glaçant de cette beauté mortuaire. Aucune impression malaisante ou morbide à l’intérieur, plutôt de la curiosité et du recueillement car les symboles chrétiens et Jésus sont présents un peu partout, mélangés aux centaines de crânes. Où que nos yeux se posent, il y a un os. Incroyable ! La pièce maîtresse qui trône au centre de cette salle est le lustre démentiel au-dessus duquel sont suspendues des guirlandes de crânes. Dans les quatre coins de la pièce, des pyramides organisées de fémurs, de crânes, de mâchoires, de hanches, d’omoplates, bref un cours d’anatomie possible devant nous. « Mais ils viennent d’où, tous ces corps ? » Réponse trouvée dans le petit livret que nous achèterons à la sortie : Les restes osseux qui sont aujourd’hui déposés dans la chapelle inférieure de l’ossuaire provenaient des tombes retirées du grand cimetière situé sur le terrain du monastère de Sedlec. Il s’agit donc des restes osseux des habitants médiévaux de Kutná Hora et de ses environs. En 1318, Kutná Hora fut victime d’une famine qui tua jusqu’à 30 000 habitants de la ville. Trente ans plus tard, on estime que 30 000 autres habitants sont morts à cause d’épidémies de peste. Puis, au début du XVe siècle, pendant les guerres hussites qui se déroulèrent dans les environs de Kutná Hora, environ 10 000 personnes supplémentaires périrent. Toutes ces victimes de la maladie et de la guerre, ainsi que bien sûr d’autres habitants décédés de Kutná Hora, ont été enterrées au cimetière de Sedlec. Lorsque la taille du cimetière atteignit le chiffre extraordinaire de 3,5 hectares, il n’y avait plus de place pour une extension. Les tombes anciennes ont été exhumées. La composition baroque de l’Ossuaire plaçait la mort dans l’ordre divin, exprimant l’espoir qu’après la mort la résurrection vient. Le message des décorations en os est memento mori : rappelez-vous que vous allez mourir. C’est un appel chrétien à se souvenir du sort de notre dépouille mortelle. Une autre façon d’exprimer ce message est la phrase populaire : « Ce que nous sommes, vous le deviendrez ».

Pendant que nous y étions, des personnes étaient entrain de s’atteler à la rénovation de l’ensemble de l’ossuaire qui était dans un très mauvais état depuis des années. Parmi les plus gros problèmes à long terme figuraient les dommages structurels et l’humidité élevée dans l’ensemble du bâtiment . À cause de ces problèmes, les décorations en os, les plâtres et les stucs avaient commencé à tomber, les autels à s’effondrer et les murs à se fissurer. Ces rénovations ne sont financées que par le tourisme et nous sommes contents de voir où va véritablement nos couronnes tchèques.

Nous sortons de ce lieu frisquet avec le ventre qui commence à gargouiller. Nous nous dirigeons donc vers un restaurant que nous avait recommandé Michal « Ctyri Sestry » : très bonne adresse avec des plats simples et bons comme on aime, et la note de fin de repas est surprenante (trois bières, quatre plats, quatre desserts et quatre cafés pour moins de 60€ le tout).

Demi-tour tout le monde, on retourne vers l’ossuaire pour aller voir l’Église de L’Assomption de Sedlec qui est compris dans le prix du billet. On en profite pour prendre Lola avec nous et lui faire faire quelques pas, dans cette journée peut active pour elle. L’édifice est très épuré, ça nous change du rococo et des dorures. Ici, les murs sont blanc et jaune pâle discret. Nous avons même la possibilité de monter à l’étage sur un des balcons et d’entrer dans la charpente en bois où une exposition de photographies d’ossuaires tchèques est présente « Prends tous les lieux où on peut voir d’autres crânes, on verra si on peut en faire un ou deux autres sur notre route. » Très impressionnante toute cette adoration des ossements et leur mise en lumière.

Allez, cette fois, c’est la bonne, on repart direction Prague. Bon, on est clairement pas tombé au meilleur moment de la journée pour traverser la capitale en gros véhicules car c’est l’heure de la débauche et nous mettrons bien 30 minutes pour faire 6 kilomètres. « No soucis, on est en vacances ! » Nous arrivons au parking du stade où nous passerons les prochaines nuits. Demain, un grand soleil est annoncé pour nous accompagner dans notre déambulation praguoise. Merci Tchéquie !

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