Kokorin

180ème jour. On ouvre l’œil sans bruit à côté de nous. Bizarre, on ne va plus chez « les voisins » pour petit-déjeuner et on doit à nouveau remettre la table en place, ouvrir le gaz, nourrir Lola en même temps qu’on sort le lait et le beurre, bref c’est plus comme à l’auberge Oscar du mois dernier. Et on retrouve les matins au calme où chacun émerge un peu de sa nuit devant son thé chaud.

Notre point dodo du jour n’est pas très loin du Château de Kokorin que nous voulons voir donc on enfile les chaussures de rando et on s’enfonce dans la forêt sur un sentier. Lola file comme le vent dans son nouvel harnais et heureusement qu’on lui laisse la longe dans ce milieu-là « Guillaume, vite, vite, monte, y a une famille de sangliers, on est sur leur chemin ! » Je me suis un peu trop affolée car ils passent en bas finalement : la laie devant, deux gros petits au milieu et probablement le sanglier mâle qui ferme la course. Ça fait un boucan d’enfer quand ça fonce à toutes pattes dans les feuilles mortes. Nous reprenons donc notre balade forestière. Pour les connaisseurs du guidage Guillaume en rando, on ne prend pas le véritable chemin tracé « regarde, il est juste en bas donc on va le longer par la crête. » Finalement, c’était une bonne option car on a la chance de voir un groupe de biches qui détalent devant Lola (clairement, c’est l’animal de prédilection de chasse de notre louloute car avec les sangliers, elle les regardait sans grande conviction de poursuite) et on prend le temps d’écouter les abeilles qui butinent allègrement les arbres en fleurs.

Nous arrivons pile sur un point de vue donnant sur le château. Encore une petite descente entre forêt et pierre volcanique et on arrive aux pieds de l’édifice. Qui dit week-end de Pâques, dit beaucoup de monde sur les lieux touristiques. Nous entrons dans la cours du château mais n’irons pas plus loin : on se serre déjà pour aller voir les prix à l’accueil donc on imagine la foule à l’intérieur des couloirs et autre balcon. D’extérieur, le bâtiment est charmant et nous nous arrêtons un moment pour manger une pomme et faire une pause avant notre retour au bercail.

Cette fois, on prend le chemin du bas qui longe la rivière. « Je me souviens pas si en France on a des forêts aussi abîmées. », se questionne Guillaume. C’est vrai que tout au long de notre voyage, la plupart des forêts que nous avons traversées avaient énormément d’arbres au sol, déracinés ou carrément cassés et celle de Kokorin ne fait pas exception. Sur un panneau « Pozor », on apprend que cette dernière, vieille de plus de 150 ans, est infectée par un parasite qui la tue petit à petit et que les autorités n’ont pas les moyens nécessaires pour la réparer, l’aider et la sauver ; donc « faites attention aux chutes d’arbres ». Triste constat. Elle est pourtant si belle avec ces rochers percées de milliers de trous volcaniques, ses mousses vertes et sa faune sauvage.

Nous retrouvons donc notre Robert, après 3h30 de balade, pour un petit frichti de pain et « Chantal, le cantal » : on a toujours besoin d’une amie odorante pour se réconforter.

Nous quittons ensuite ce petit coin de tranquillité en quête d’eau que nous trouverons dans un cimetière ouvert : pratique de n’avoir qu’un réservoir de 50L, on le remplit en vitesse avec trois bidons ; il faut bien trouvé du positif partout.

Ce soir, nous dormons sur un parking d’une petite station de ski pour n’avoir pas beaucoup de route à faire demain pour arriver dans le Parc Naturel du Paradis Tchèque : « C’est rigolo, y a plusieurs parcs du « Paradis » alors ! »

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